Marjorie Lombard
Docteure en Psychopathologie et Psychanalyse
Psychologue sexologue et conseillère en santé sexuelle
Clinicienne hospitalière (CH Roubaix) et chargée d'enseignements universitaires
Marjorie Lombard
Docteure en Psychopathologie et Psychanalyse
Psychologue sexologue et conseillère en santé sexuelle
Clinicienne hospitalière (CH Roubaix) et chargée d'enseignements universitaires

L’inconfort sexuel féminin Prenez soin de votre vagin comme de la prunelle de vos yeux !

Les adultes ne jouent plus, à l’exception sans doute de leur sexualité, voilà bien le secret de la réussite ! Reprenons cette vieille habitude infantile et lançons-nous !

  • Quel artifice se pose comme l’équivalent féminin du viagra ?
  • Quelle réponse physiologique féminine se pose comme l’équivalent de l’érection ? 
  • Qu’est-ce qui s’oppose à l’expression masculine du désir de part sa manifestation souvent inconsciente et invisible ?
  • Qu’est-ce qui protège l’intimité féminine et active le plaisir, tout à la fois ?

Réponse = le LUBRIFIANT / la LUBRIFICATION

Le premier est la solution à l’absence du second. Par ailleurs, autant les conséquences peuvent être dramatiques pour la sexualité de la femme et la santé du couple, autant les solutions actuelles apparaissent ultra accessibles et d’application à moindre coût, dans tous les sens du terme. Moindre coût financier, moindre coût physique quand on pense au bénéfice que ce recours peut apporter à la femme, et plus globalement à  son partenaire, à son couple. La question est alors la suivante : qu’est-ce qui fait obstacle à son usage ? Serait-ce le coût psychologique ou une carence en matière d’éducation sexuelle ? Que penser d’une femme qui ne « mouille » pas ? Jusqu’où se répandent les stéréotypes (elle ne mouille pas parce qu’elle n’éprouve pas de désir sexuel), en cascade, les préjugés (elle doit être frigide, ne pas être un « bon coup ») et, les discriminations (comportement de rejet).
Le drame de cet obstacle est qu’il est dépendant de notre action, de notre volonté de soulever cette dysfonction de croyance pour la remplacer par une pensée plus juste et plus adaptée. Nous n’avons pas de contrôle sur nos manifestations physiques, il n’est ainsi pas question de mauvaise volonté. Ce qui est sous contrôle, en revanche, est notre action à partir du constat de la difficulté = recourir à un lubrifiant. D’ailleurs, l’acte lui-même peut contrarier le stéréotype. En effet, la femme peut faire preuve de créativité et de sensualité, exprimer son désir par l’utilisation, l’introduction du lubrifiant dans la rencontre sexuelle. Qui plus est, le jeu peut être de la partie et l’application du lubrifiant constituer lui-même un préliminaire ! Au partenaire de s’investir, ce qui n’ira pas pour lui déplaire, très probablement !

 

Avec de tels biais cognitifs, de tels raccourcis, elle est bien loin de répondre aux clichés de la performance sexuelle. Comme si un rapport sexuel, pour être parfait, devrait ne nécessiter aucune adaptation. Or, De Carufel le disait très bien, si la sexualité est parfaitement naturelle, elle n’est pas naturellement parfaite ! Ce postulat suppose que des complications peuvent naturellement surgir dans la rencontre sexuelle, à différents niveaux, que ce soit en amont (désir), aux préludes (préliminaires), au cours (pénétration) ou au crépuscule (orgasme) de celle-ci. Identifier la difficulté permet aussi d’éviter que des complications surgissent par effet de ricochet sur les autres étapes de la rencontre sexuelle.

L’heure est à l’explication. De son étymologie « devenir glissant », la lubrification ici vaginale est le fait de l’activation des glandes de Bartholin positionnées de part et d’autre de l’orifice vaginale. Cependant, elles ne sont responsables, par le liquide sécrété appelé cyprine, que de la lubrification à l’entrée du vagin, facilitant ainsi le moment de la pénétration. Pour ce qui est de l’intérieur du vagin, dont les parois gonflent et s’allongent à l’excitation, tout à fait comme le pénis au moment de l’érection, symptomatique de l’excitation, il transpire ! Et oui ! L’afflux de sang dans les parois vaginales est à l’origine de la composition d’un fluide après que le plasma sanguin ait été filtré, facilitant ainsi le rapport sexuel. Cependant, l’émission de cyprine est variable dans l’existence d’une femme, sous l’influence de facteurs hormonaux (ménopause, grossesse et allaitement), génétiques, médicamenteux (effets indésirables en cause dans le manque d’humidité des muqueuses), psychologiques (absence de désir, stress), ou autres (alcool, cigarette, produits intimes agressifs pour la flore vaginale).  Ces facteurs sont responsables d’une sécheresse vaginale, terme à la conation de perte, de manque, d’absence sous entendu de désir dans les représentations collectives, ce qui n’est pourtant pas toujours le cas. En effet, il existe parfois un véritable fossé entre le ressenti d’excitation sexuelle et son expression physique.
Alors, pour que cet inconfort ne vire pas en douleurs au cours de la pénétration (appelées dyspareunies d’intromission) ou même pendant tout l’acte de la pénétration allant, à l’extrême, jusqu’à provoquer un réflexe de contraction extrême du vagin (vaginisme), en perte de désir (Désir sexuel hypoactif), prenons notre vagin en main, si je puis dire.

Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, n’est-ce pas ? En l’occurrence, dans le domaine de la sexualité. Si la sexualité de l’homme circule du bas vers le haut, autrement dit, du sexe (réponse physiologique) vers la tête (sentiment d’être aimé de la partenaire, etc.), la sexualité de la femme connaît un parcours renversé puisqu’elle part de la tête (besoin d’un contexte favorable, de stimulations sensorielles) vers le vagin qui nécessite donc d’être préparé à l’accueil du pénis (ou autre) du partenaire. A ce titre, la lubrification est à entendre comme une réponse physiologique à l’excitation en amont, passant souvent inaperçue alors même que celle de l’homme est tout à fait visible et ainsi en meilleure conscience : l’érection. En règle générale, et si rien n’y fait obstacle, celle-ci s’amplifie et se perçoit davantage ainsi corrélée avec l’éprouvé de la montée du désir. A condition de respecter un temps suffisant pour que le désir de la femme puisse naitre et s’amplifier, les timings sont différents ! Cependant, la lubrification est tout autant activée par la seule psyché par le biais des fantasmes érotiques notamment, aucune stimulation sensorielle n’est ici nécessaire. Que la lubrification comme réponse provienne de stimulations sensorielles ou psychiques, elle est toujours l’expression du désir, plusieurs s’accordent d’ailleurs à dire qu’il n’est que féminin, plus instinctuel chez l’homme ! Que le désir soit parasité et ainsi non perçu par l’absence de sa traduction physiologique qu’est la lubrification, et alors les conséquences paraissent exagérément dramatiques. Il sera alors d’autant plus inconsidéré de ne pas se saisir de ce qui pourrait tout changer pour ce qui est du plaisir sexuel. Et, ne l’oublions pas, la seule perception d’humidité vaginale (qu’elle soit spontanée par la lubrification naturelle ou provoquée par le lubrifiant) agit comme un indicateur du désir dans l’esprit de la femme comme du partenaire. Or, il se trouve qu’un seul et unique facteur est commun au plaisir de tous les hommes : l’excitation perçue chez la femme pendant l’acte sexuel. Alors pourquoi s’en priver et pourquoi ne pas en rajouter ? Maximiser le confort même en l’absence de difficulté majeure et intégrer l’usage systématique du lubrifiant pour toutes les premières fois, c’est se garantir une intimité de qualité !

Marjorie Lombard, Dr en Psychologie
Sexothérapeute et Hypnothérapeute.

 


"La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre."

Albert Einstein

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